par Traders89 » Lun Nov 17, 2008 3:49 am
Les principaux points du "plan d'action" du G-20 (Source AFP)
Voici les principaux points du "plan d'action" contre la crise financière, adopté par les dirigeants du G-20 réunis en sommet samedi à Washington.
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RACINES DE LA CRISE
Les dirigeants du G-20 estiment que la pire crise économique et financière depuis la Grande Dépression dans les années 1930 trouve ses racines dans une sous-évaluation du risque par les investisseurs. Les bons résultats de l'économie mondiale leur ont donné un sentiment de sécurité trompeur.
La déclaration finale des Vingt ne mentionne pas ce que beaucoup considèrent comme l'épicentre de la crise: l'effondrement du système immobilier américain reposant sur le "subprime", le crédit hypothécaire à haut risque qui a permis à des foyers insolvables de s'endetter. La transformation de ces créances douteuses en titres financiers qui se sont dissous dans des marchés trop opaques a abouti à la déstabilisation du système américain puis mondial.
ACTIONS VISANT A STABILISER LES BANQUES ET RELANCER LA CROISSANCE
Les gouvernements et les banques centrales ont débloqué des milliards d'euros ces derniers mois pour tenter de stabiliser le système financier international.
Les dirigeants du G-20 s'engagent à "prendre toutes les mesures supplémentaires nécessaires", c'est-à-dire à injecter autant de liquidités qu'il faudra pour desserrer le marché du crédit. Ils s'engagent à poursuivre les efforts de stimulation de la consommation. L'administration américaine s'est opposée à des engagements plus précis, étant donné le prix qu'elle a déjà payé pour redresser la situation, avec un déficit budgétaire qui pourrait bien atteindre les 1.000 milliards de dollars (793,7 milliards d'euros) pour 2008.
UNE MEILLEURE REGULATION
Les dirigeants du G-20 mettront en place d'ici au 31 mars 2009 un "collège de superviseurs" comprenant tous les principaux régulateurs de la finance dans le monde. Il se réunira de façon régulière pour discuter de l'état des plus grandes banques mondiales opérant dans de nombreux pays et évaluer la sécurité financière de ces institutions.
Les Vingt s'engagent aussi à mieux réguler les produits financiers dérivés des crédits, et notamment des "credit default swaps" (CDS), des contrats d'assurance entre banques et entreprises contre le risque de défaut d'un tiers, qui ont contribué à l'effondrement du marché en devenant des instruments de pure spéculation.
FORUM SUR LA STABILITE FINANCIERE
Les dirigeants du G-20 s'engagent à agir rapidement pour élargir notamment aux puissances économiques émergentes la composition du Forum sur la stabilité financière qui rassemble des représentants des gouvernements, des banques centrales et des agences de régulation de différents pays pour chercher des moyens d'améliorer la régulation financière. Ce groupe peu connu a été créé à la suite de la crise de change asiatique de 1997-98.
REFORME DU FMI
Le G-20 prescrit une "réforme complète" du Fonds monétaire international (FMI, 185 pays membres) et de la Banque mondiale, afin de donner davantage de poids dans les décisions aux pays en développement. Des pays comme la Chine reprochent aux institutions jumelles de se faire trop souvent la voix des Etats-Unis et de l'Europe.
Le FMI, sorte de pompier ou de gendarme, selon les cas, des finances internationales, verra son mandat élargi pour mieux superviser les opérations économiques nationales et ainsi servir de système d'alerte précoce à la crise quand un pays dérive. Les Vingt s'engagent à veiller à ce que le FMI et la Banque mondiale disposent des ressources financières suffisantes pour aider les pays les plus pauvres à affronter la crise.
COMMERCE
Soucieux d'éviter que la crise financière actuelle ne déclenche des réflexes de protectionnisme qui ont fortement contribué à l'apparition de la Grande Dépression les années 1930, les dirigeants du G-20 s'engagent à ne pas élever de nouvelles barrières douanières pendant les 12 prochains mois. Ils s'engagent en outre à tenter de trouver un accord dans l'année sur les modalités permettant de conclure le cycle de Doha sur les échanges commerciaux au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais avant même la crise actuelle, les négociations se trouvaient dans l'impasse en raison des divergences entre pays riches et pauvres.
PROCHAINE REUNION
Les dirigeants du G-20 s'engagent à se réunir à nouveau d'ici au 30 avril 2009 et donnent à leurs ministres de l'Economie et des Finances une feuille de route pour préparer cette rencontre. En ce qui concerne les Etats-Unis, où Barack Obama succédera à George W. Bush à la présidence le 20 janvier 2009, des responsables de l'administration Bush ont déclaré qu'ils étaient en contact constant avec l'équipe de transition Obama.
Le G-20 regroupe le G-8 (Etats-Unis, Canada, Japon, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie), l'Afrique du Sud, l'Arabie Saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et la Turquie. Siègent par ailleurs au G-20 les dirigeants du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque centrale européenne. L'Espagne et les Pays-Bas étaient invités à Washington.