QUAND JOUER N'EST PLUS UN JEU
redifusion de cette emission le Mardi 27 Mars - 01:54 sur la 5
Appât du gain, rêve de fortune, recherche de sensations fortes… la pratique des jeux d’argent et de hasard peut entraîner une conduite à risques. Serge Minet, thérapeute clinicien à Bruxelles, accompagne des patients cherchant à se libérer de cette passion destructrice.
En Belgique comme en France, jeux de casinos, machines à sous, loteries, casinos virtuels sur Internet, jeux à gratter et courses hippiques représentent le hobby de millions de personnes.
Omniprésents et facilement accessibles, ces jeux promettent des gains parfois considérables, obtenus d'une manière aussi simple qu'immédiate. Ce secteur d'activité est en pleine expansion. Chaque année, les Européens misent plus de 80 milliards d'euros.
Mais, pour certains individus, le jeu s’apparente à une passion violente qui envahit peu à peu toute leur existence. L'engrenage se révèle alors fatal. Ils empruntent de l'argent pour rembourser leurs dettes, manipulent leur entourage pour continuer à jouer et commettent parfois vols et autres délits.
A Bruxelles, Serge Minet, thérapeute clinicien à l'hôpital Brugmann, a ouvert un service spécialisé qui accueille ces malades dépendants. Quatre de ses patients, Nathalie, Pierre, Stéphane et Jean-Raphaël, ont accepté de témoigner devant la caméra de Gil Rabier. Cet accompagnement psychologique les aide à lutter contre le démon du jeu. Un travail sur soi qui s'avère souvent difficile. Bien que conscient de son attrait pour toute activité ludique, Stéphane ne se sent pas prêt à signer le "contrat d'abstinence".
Cesser totalement toute pratique de jeu, même la plus anodine, est un début thérapeutique. Cette décision intervient lorsque le joueur compulsif ne parvient plus à maîtriser sa propre vie. La dépendance pathologique plonge la personne dans une spirale infernale qui la conduit inéluctablement à une situation insoutenable.
Après une tentative de suicide, Nathalie revient sur cette descente aux enfers : "Je ne supportais plus mon image auprès de mes amis. Je me suis donc punie." Le déni est révélateur de cette addiction, explique le psychiatre. Le joueur n'ose pas avouer à ses proches, ni à lui-même, l'emprise de sa passion.
Pierre a détruit sa vie sociale à cause des courses hippiques, casinos et autres bingos, qui l'ont plusieurs fois ruiné. Dominé par ses pulsions, ce parieur invétéré réalise ne plus être lui-même lorsqu'il joue. Pierre confie que, paradoxalement, à ce stade de dépendance, "la notion de la valeur de l'argent n'existe plus". Ce n'est pas alors l'appât du gain qui motive l'intoxiqué au jeu, mais une fuite en avant pour combler un grand vide affectif.
L'isolement dans un établissement spécialisé est dans ce cas vécu comme un soulagement. Jean-Raphaël, quant à lui, est tombé dans la délinquance après avoir mené une vie de flambeur. Condamné pour hold-up, il finit de purger une longue peine de prison. Auprès de Serge Minet, il réalise que l'univers carcéral, en l'éloignant des salles de jeu de Paris, remplit un rôle protecteur. Sa libération de prison est proche, mais celle de sa dépendance au jeu est loin d’être évidente.
Source france5.fr le 16 mars 2007
Jean-Marie Legaud
Première diffusion : mercredi 14 mars 2007 à 21:35 (câble, satellite et TNT).
Durée : 52'
Réalisation : Gil Rabier
Production : France 5 / Maha Productions
Année : 2006
















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